Le Projet : Lorient, notre ville

Une ville est un navire.


Et Lorient plus que les autres, elle qui porte le nom d'un bateau.
Pendant quarante ans, le duo Le Drian-Métairie a tenu le gouvernail de Lorient, et, insensiblement, ils l'ont dévié à tribord. Lentement, ils ont fait taire l'ADN populaire des Lorientais, pour une politique de plus en plus libérale. Ce sont pourtant les ouvriers navals, premiers habitants du territoire, qui ont modelé la ville.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité de redresser la barre, de reprendre le pouvoir sur son histoire pour en écrire elle-même les prochains chapitres. C'est ce que nous voulons : lire l'histoire que les Lorientais veulent se construire, et donner une âme à cette histoire.


Une ville est un projet.


La tradition veut que les formations politiques portent la candidature d'un prétendant auto-désigné, qui décline son propre programme, dicté le plus souvent par leur formation nationale : le contenu est arbitraire, et inadapté aux besoins et aux aspirations locaux. Ce sont pourtant les Lorientais qui savent le mieux dans quelle ville ils vivent et dans quelle ville ils veulent vivre.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité de s'emparer d'un programme qui a la forme d'un projet à construire ensemble, au plus près de la réalité quotidienne des habitants, dans un schéma citoyen et humaniste. C'est ce que nous voulons : acter que l'intelligence de chacun est capable de se mettre au service de la communauté avec bon sens, créativité et énergie.


Une ville est une communauté.


Après la Seconde Guerre mondiale, l'urgence a dû induire des décisions autoritaires, sans consultation de la population. Il fallait agir vite : c'était compréhensible et acceptable.
Ce mode de gouvernance s'est perpétué depuis, sans que la nécessité puisse l'expliquer. Les Lorientais sont consultés à la marge, pour des fleurissements, des choix de logos, des décisions accessoires. C'est pourtant les habitants qui font la ville et qui sont la ville, au quotidien.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité d'émanciper ses citoyens, en instaurant la démocratie participative comme mode de gouvernance essentiel de la communauté par la communauté. C'est ce que nous voulons : créer les conditions pour que la ville profite de l'expérience de chaque Lorientais.


Une ville est une terre.


L'urbanisme forcené des cinquante dernières années a donné aux habitants un environnement de béton. La verdure était perçue comme un perte d'espace constructible. Sous la pression populaire, on a planté quelques arbres, symboliquement. Pourtant, les Lorientais se pressent, au moindre moment de détente, sur les rives du Scorff et du Ter, dans le parc Chevassu ou celui du Bois-du-Château, sur les ports : ils connaissent les bienfaits de la nature sur leur équilibre.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité de se préparer aux dérèglements climatiques en retrouvant le sens de la terre : l'intégration de la nature dans la ville la protège des températures extrêmes, permet l'absorption des intempéries, dépollue l'atmosphère, consolide le psychisme et la santé, aide aux économies énergétiques. La production agro-alimentaire locale volontariste propose une alimentation saine, tout en créant des emplois. C'est ce que nous voulons : tenir pour primordiale la lutte écologique dans chaque décision à prendre, dans chaque projet à mener.


Une ville est un organisme vivant.


La co-gestion froide avec les services de l'Etat convient à un automate, pas à une communauté humaine.
Le chômage et la précarité n'ont cessé de croître sous l'impulsion d'une gouvernance comptable, qui ne comprend pas que cette gangrène s'étend sourdement au corps entier. C'est pourtant la protection des organes les plus faibles qui renforce l'ensemble du corps.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité de jouer son rôle de premier échelon de la solidarité républicaine. C'est ce que nous voulons : sécuriser, diagnostiquer, soigner, fortifier les conditions de vie des Lorientais les plus fragiles pour consolider l'ensemble de la population.


Une ville est une histoire.


Pendant trois siècles, Lorient a été fructueuse, grâce au travail de ses ouvriers des chantiers navals et des docks, de ses marins-pêcheurs, de ses marins de commerce au long cours. Elle a créé des liens avec le monde entier. Puis, elle a abandonné le travail de la mer pour se vouer au seul prestige de la course au large et à l'argent peu regardant des cargaisons de soja transgénique. Pourtant, elle est née de la mer, et ses enfants sont nombreux à prendre la mer, pour le travail ou pour le plaisir, à arpenter ses côtes, à se ressourcer à sa contemplation.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité de renouer avec ses anciens partenaires : l'Inde, cinquième puissance économique mondiale, sans laquelle Lorient ne serait pas née, et la Chine voisine, deuxième puissance économique ; le Royaume-Uni, sixième puissance économique, avec lequel les fraternités interceltiques pourront atténuer les effets du Brexit ; l'Amérique, première puissance économique, pour laquelle Lorient fut un port de départ et d'arrivée transatlantique ; l'Arc Atlantique de Glasgow à Lisbonne, dont Lorient peut devenir une associée stratégique grâce à sa situation géographique centrale. C'est ce que nous voulons : encourager et aider la jeunesse lorientaise à s'emparer de son histoire maritime pour dessiner son avenir professionnel et culturel.


Une ville est une construction.


Après la Seconde Guerre mondiale, encore, la reconstruction a été rapide par nécessité, sans se préoccuper ni de convivialité, ni d'environnement, ni d'harmonie. Il fallait parer au plus pressé.
Cependant, depuis, aucun effort n'a été produit, et les bâtiments ont continué à s'élever, sans souci de l'usage humain, de l'intégration de la nature, de l'esthétique. C'est pourtant les lieux de rencontre qui font que les habitants d'une ville sont des concitoyens.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité de définir elle-même la silhouette qu'elle voudra se dessiner peu à peu. C'est ce que nous voulons : voir Lorient ressembler aux Lorientais, chaleureuse et accueillante, courageuse et innovante, solidaire et frondeuse.


Une ville est un coeur.

Depuis que la communauté d'agglomération s'est constituée, ses dirigeants n'ont eu de cesse de considérer les communes plus petites et plus lointaines comme des contraintes pesantes. Le réseau de transport public les dessert peu et mal, leur développement est entravé. Pourtant, beaucoup de Lorientais sont originaires de ces communes périphériques, y ont gardé des attaches, en connaissent les nombreuses ressources.
En mars prochain, enfin, Lorient aura l'opportunité de collaborer avec ses voisines de l'agglomération et, au-delà, avec les communautés d'agglomération proches. C'est ce que nous voulons : voir Lorient s'affirmer comme la capitale de la Bretagne Sud, riche du développement de l'économie proximale, de l'équilibre des services publics, de l'habitat raisonné et du tourisme rationnel, richesse créée et partagée par l'ensemble de son bassin d'influence.